BOURDINAT Gervais (1831 – 1899).

 

 

Né à Bourges le 21 septembre 1831.

 

Entrepreneur de charpentes et de bâtiment à Paris, il est condamné en 1867 pour coups et blessures.

 

Condamné à la déportation simple pour fait d'insurrection lors de la Commune (matricule 1 905), il fait partie du cinquième convoi : 540 condamnés à bord de l'Orne, transport à hélice parti de Bretagne le 15 janvier 1873, arrivé à Nouméa le 6 mai.

 

Marié et père de famille, il est autorisé à séjourner à Nouméa avec son épouse et ses deux enfants.

 

D'abord conducteur de travaux chez Bornebroque, le 1er septembre 1874 il ouvre pour son propre compte un chantier de charpente et un atelier de menuiserie rue d'Austerlitz.

 

Le Progrès de la Nouvelle-Calédonie du 19 mars 1882 fait part à ses lecteurs du décès en France de Mme Bourdinat le 22 janvier. Venue rejoindre son mari en exil, elle avait dû rentrer en métropole pour subir une opération « nécessitée par le plus cruelle des maladies ».

 

L'année de veuvage étant passée, Gervais Bourdinat épouse à Nouméa, le 19 septembre 1883, Léonie Lenfant, veuve Varigault, dont il divorce le 20 janvier 1886.

 

Conseiller municipal après sa remise de peine en 1877, il est censuré par le gouverneur Courbet en 1881, mais il sera ensuite réélu jusqu'à sa mort.

 

Son refus de voter au cours d'une séance du Conseil municipal dans lequel il siège est l'occasion pour L'Avenir de la nouvelle-Calédonie (12 juin 1888) de le présenter comme propriétaire à la Vallée du Tir d'une maison en passe de devenir un lupanar.

 

En plus de ses activités professionnelles et politiques, il est membre actif, en 1882, de l'Union démocratique de propagande anticléricale, assesseur au Tribunal de Commerce, vice-président de la société de secours mutuels La Fraternelle.

 

Il meurt à Nouméa le 7 février 1899.

 

 

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BOURDINAT Louis (1856 – 1885).

 

 

Fils du déporté Gervais Bourdinat, ils se crée en Nouvelle-Calédonie une situation dans le commerce.

 

Il est décédé le 19 octobre 1885.

 

Libre penseur, il fut inhumé civilement.

 

Sa veuve continua quelques temps de tenir seule leur commerce.

 

 

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BOURDINAT Gervais (1879 – 1966).

 

Fils de Louis, né à Nouméa le 4 août 1879, il a effectué sa scolarité primaire à l'école communale de Nouméa puis poursuivi ses études à Sydney, au lycée d'Alger et à la faculté de Droit de Paris.

 

En 1909, on le trouve avocat défenseur à Nouméa où il sera élu bâtonnier et finira doyen des avocats de la Nouvelle-Calédonie.

 

À l'instar de son grand-père, il s'est impliqué en même temps dans la vie politique, associative et économique locale.

 

Militant « dans les groupements de gauche » en faveur du développement de l'agriculture dans la colonie, il a été élu conseiller général (1912) et conseiller municipal de Nouméa.

 

Président de l'Association des anciens Élèves des Écoles communales de Nouméa et de l'Intérieur, il a présidé aussi Le Colis de Niaouli qui, pendant la première guerre mondiale, expédie des colis aux Néo-Calédoniens mobilisés.

 

Il est décédé le 25 janvier 1966. À ses obsèques André Surleau a fait son éloge au nom de sa loge maçonnique et de la libre pensée en saluant son action fraternelle et l'exemple qu'il avait donné.