Mise à jour de septembre 2018

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BOURAIL - LE C.E.G. PUBLIC (1975-1980)

 

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Ce qui suit est un témoignage personnel, un fragment de « mes mémoires » en quelque sorte que je développerai au fil des semaines à la manière d'un feuilleton. Mon intention est de présenter une petite histoire illustrée du C.E.G. de Bourail telle que je l'ai vécue de 1974 à 1980.

 

Avant ces dates, la genèse de l'établissement d'enseignement secondaire public s'était déroulée en trois étapes.

 

- La première étape a été la création de cours complémentaires rattachés à l'école primaire – dirigée à l'époque par Jacques Cuer – avec l'ouverture d'une classe de 6e en 1967 à laquelle s'est ajoutée une classe de 5e en 1968.

 

- L'évolution s'est poursuivie par la constitution d'un établissement à part entière en 1969 sous la forme d'un G.O.D. (Groupe d'Observation Dispersé) qui officialisait l'entité d'enseignement secondaire sous la direction de l'un des instituteurs, Yves Masson qui se chargeait de l'enseignement des mathématiques et des sciences ; Micheline Cuer, institutrice, enseignait le français, l'histoire et la géographie ; Daniel Frimigacci, archéologue recruté localement comme contractuel occasionnel enseignait l'anglais.

 

- La création du C.E.G. (Collège d'Enseignement Général) s'est étalée sur deux ans en 1970 et 1971 avec la mise en place d'un établissement particulier, dépendant administrativement du Lycée Lapérouse et installé dans des classes préfabriquées dressées sur la colline dominant l'école primaire. On y accédait par une piste, actuellement « Impasse Victoire Pennel » d'après Google maps.

 

En mars 1970, Yves Masson était nommé directeur provisoire et comme il était instituteur et non professeur de C.E.G., le poste de directeur a été mis au recrutement.

 

François Ollivaud m'a écrit la suite en ces termes :

 

« J'ai obtenu le poste en Septembre 1971.

 

Il y a une histoire au sujet de l'obtention de mon poste.

 

A Bourail il y avait un"inspecteur Primaire" qui s'appelait REMOISSONET (écriture du nom incertaine...) qui n'était que PEGC et qui a postulé pour la Direction du CEG. Popaul Rolly, alors Maire de Bourail, qui savait par Cuer et Masson que j'avais postulé, est intervenu auprès du Vice Recteur en lui disant "Tant que je serai Maire de Bourail il n'y aura jamais un zoreil Directeur et comme il y a un Calédonien qui a postulé c'est lui qui doit avoir cette Direction" ! Et voilà Ollivaud nommé ! Le piston par le pays d'origine ! »

 

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En Nouvelle-Calédonie, tout le monde connaît François Ollivaud pour son côté homme de spectacle et barde satirique, auteur prolixe de chansons et d'historiettes plaisantes : « Le ver de bancoule », « Maurice Blue », « La cascades de Ba», « Monéo »... Il ne sera ici question que de sa carrière dans l'enseignement par un bref résumé.

 

Après deux ans de stage de formation pédagogique à l'École normale d'Aix en Provence puis son service militaires, il se vit attribuer au mois de décembre1960 un poste d'instituteur à l'école publique de Poindimié où il enseigna successivement dans les classes de CM2 puis de fin d'études. À l'ouverture d'un C.E.G. dans cette localité, il y a été titularisé comme professeur de mathématiques chargé en outre des cours de musique. Directeur du C.E.G. de Bourail à partir de septembre 1971, il partit pour Nouméa au mois de septembre 1976 comme principal adjoint au collège de Rivière Salée. C'est à ce poste qu'il acheva sa carrière dans l'enseignement.

 

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Au mois de septembre 1974, nous étions deux P.E.G.C. arrivant de Métropole : Loïck Gourdon (lettres-espagnol) et moi-même (lettres-histoire-géographie-instruction civique). Avant nous, quelques P.E.G.C. métropolitains n'avaient fait que de brefs passages, seule s'était maintenue Michèle Deléglise qui enseignait l'anglais – épouse Bindler à l'époque, son mari enseignant les mathématiques était reparti au bout d'un an et une procédure de divorce suivait son cours.

 

Loïck Gourdon était le premier à ce poste ayant qualité pour enseigner l'espagnol, quant à moi je succédais à Mme Christophe, épouse du vétérinaire, contractuelle recrutée pour remplacer un professeur de lettres-histoire-géographie qui n'avait pas rempli son contrat.

 

Nous avons pris la relève de l'emploi du temps établi pour terminer l'année 1974 et notre nouvelle équipe a fonctionné pleinement à la rentrée de mars 1975.

 

De gauche à droite :

  • Michèle Deléglise, P.E.G.C. 2 – lettres-anglais ;
  • Micheline Cuer, institutrice promue P.E.G.C., enseignant le français ;

  • Yves Masson, instituteur promu P.E.G.C., enseignant les sciences et les mathématiques ;

  • Georges Coquilhat, P.E.G.C. 1 – lettres-histoire-géographie ;

  • Loïck Gourdon, P.E.G.C. 2 – lettres-espagnol ;

  • François Ollivaud, directeur ;

  • Le nom du septième m'échappe, il effectuait une suppléance en mathématiques et physique ;

  • Ne figure pas sur ce cliché Roland Molinier, moniteur d'éducation physique et sportive.

En arrière plan, le bâtiment principal en tôles datant de 1970. De la droite vers la gauche se succédaient les commodités, le bureau du directeur puis les salles de classe – deux 6e, deux 5e, une 4e et une 3e.

 

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Face à cette première construction fut élevée (entre 1971 et 1974) un second ensemble constitué de deux salles de classe spécialisées séparées par une pièce destinée à servir de salle des professeurs.

 

 

Photo d'ensemble : à gauche le bâtiment principal, à droite l'angle du second bâtiment correspondant à la salle spécialisée pour l'enseignement des langues.

 

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À la rentrée de 1975, l'effectif des élèves inscrits se montait à un total de 118 ainsi répartis :

 

6e A = 18 ; 6e B = 19 ; 5e A = 20 ; 5e B = 21 ; 4e = 23 ; 3e = 17.

 

En cours d'année, trois élèves de 5e et un élève de 4e ont quitté l'établissement.

 

 

Photo de la classe de 6e A en 1975, sous le flamboyant face au bureau du principal.

 

Par ordre alphabétique, les élèves :

                                                                        Bétoer Justin – Blandet Isabelle – Bouéaran Mario – Goyetche Aldo – Jamin Joël – Leconte Dominique – Loxton Pierre – Marcias Patrick – Mercier Christian – Molinier Laurent – Montazi Jocelyne – Mouquet Franck – Omo Catherine – Parc Françoise - Roméro Paul – Stangalino Guy – Taukété Élisabeth – Tauru Maria-Myrtho.

 

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De par ma formation universitaire un peu particulière (Propédeutique, Certificat de littérature française, Licence d'histoire et géographie, Maîtrise d'histoire contemporaine) ajoutée à ma qualification professionnelle de P.E.G.C., je fus chargé cette année-là d'enseigner le français en 3e et l'histoire-géographie dans toutes les autres classes. Loïck Gourdon était quant à lui titulaire de propédeutique et d'une licence d'espagnol, il enseigna l'espagnol en 3e et en 4e et le français en 4e et 5e.

 

Ce n'est pas vaine forfanterie si je précise ici nos C.V. de l'époque, mais d'une part j'adresse de la sorte un clin d’œil à notre ancien directeur à qui l'on doit « Les Zoreils » entre autres plaisantes chansonnettes et d'autre part je tenais à préciser que nos élèves étaient estimés d'un fort bon niveau lorsqu'il quittaient notre collège pour entrer au lycée.

 

Il ne sera pas question ici du détail de nos enseignements. Les programmes étaient respectés, les professeurs et les élèves faisaient leur travail avec sérieux, les résultats en témoignaient.

 

Le développement qui suit portera sur les activités périscolaires dont le C.E.G. à été le foyer de 1975 à 1980.

 

Des activités étoffées durant ces six ans suivant l'impulsion donnée puis au-delà, modifiées notamment au rythme des changements dans l'équipe pédagogique, d'un déménagement, d'un baptême d'établissement... Mais ceci est une autre histoire.

 

Lors de la pré-rentrée de 1975 donc, notre directeur présidant la séance fit un tableau de ce qui existait et sollicita des suggestions pour faire davantage.

 

Ce qui fonctionnait déjà, c'était beaucoup et peu à la fois : un club philatélie plus ou moins actif et les échanges avec les Néo-Zélandais de Waimaté engagés sur un mode plutôt touristique en 1970 par Yves Rieu – guichetier au bureau de poste – et Yves Masson.

 

François Ollivaud avait fait évoluer ces échanges en incluant les élèves néo-zélandais dans les classes et en adaptant l'emploi du temps de manière à partager leur séjour entre cours en français au collège et tourisme familial. Mais cela n'avait lieu que tous les deux ans et notre directeur espérait que ses deux nouveaux profs « zoreils » pourraient insuffler un surcroît d'énergie aux activités périscolaire du C.E.G. et en accentuer le rayonnement local.

 

Loïck Gourdon proposa de faire un journal. L'idée fut adoptée à l'unanimité et c'est ainsi que dans le courant du second trimestre était publié le premier numéro du journal du C.E.G. de Bourail : « LE MOLUQUE ».

 

 

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La suite dans une quinzaine de jours